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Claudication intermittente

Pharmacie du 17ème

La douleur qui provoque la claudication apparaît avec l'exercice et disparaît après quelques minutes de repos.

Cette douleur survient après qu'on a parcouru une distance constante (mais qui peut différer d'une personne à l'autre). La mauvaise circulation du sang, qui est à la source de cette claudication, se manifeste aussi souvent par des pieds froids, des plaies qui guérissent mal et des zones froides dans les jambes.


Quelles sont les causes ?

Mauvaise circulation du sang dans les artères, entraînant un manque d'oxygène dans les muscles lors d'un exercice aussi simple que la marche. Le manque d'oxygène déclenche une crampe qui va se relâcher au repos.

Facteurs de risque identiques à ceux liés aux troubles cardiaques :

  • tabagisme,
  • diabète,
  • hypercholestérolémie,
  • hypertension artérielle,
  • âge

Conseils pratiques

Ne pas se réchauffer les pieds avec des compresses chaudes 
Si vous souffrez de claudication intermittente, vous aurez tendance à avoir froid aux pieds. L'emploi de compresses chaudes ou de bouillottes risque de blesser la peau du pied, qui n'arrivera pas à évacuer l'excès de chaleur puisque la circulation n'y est pas bonne. Vaut mieux s'en remettre aux chaussettes de laine !

Marcher
Une bonne facon d'empêcher la maladie d'apparaître ou de progresser est de marcher afin d'entretenir la circulation dans les jambes.

Prendre de l'aspirine
Un cachet d'aspirine (325 mg)tous les deux jours diminue le risque de formation de caillots qui entraveraient encore davantage la circulation. Vous pouvez aussi prendre une aspirine "de bébé" (80 mg) une fois par jour. Il est important de s'assurer auprès de votre médecin que la prise d'aspirine n'est pas contre-indiquée, ni en interaction avec vos autres médicaments.

Ne pas fumer
Le tabagisme représente le facteur de risque le plus important à éliminer si vous souffrez de claudication intermittente. Le taux de mortalité, cinq ans après le diagnostic, atteint 25 % de ceux qui continuent à fumer, contre 10 % à 12 % si la personne a abandonné le tabac. De plus, le risque d'amputation est de 10 % cinq ans après le diagnostic chez les fumeurs, alors qu'il est nettement inférieur chez les non-fumeurs.

Diminuer la consommation d'alcool
A long terme, cette consommation provoque de l'artériosclérose (dépôt de cholestérol dans les artères), ce qui réduit l'apport de sang dans l'organisme, empirant ainsi les problèmes de circulation sanguine et la cluadication.

Prendre soin de son coeur
Tout ce qui est bon pour le coeur - arrêter de fumer, faire régulièrement de l'exercice, perdre du poids, diminuer la consommation de corps gras - l'est également pour les artères des jambes.

Quand consulter ?

  • Vous éprouvez de la douleur à la marche
  • Des plaies au pied s'infectent ou tardent à guérir

Que se passe-t-il lors de l'examen ?

Le médecin interrogera le patient afin de connaître toutes les caractéristiques de la douleur qui l'amène à le consulter. Il auscultera le pouls à différents endroits, comme à l'aine ou à la cheville, pour se faire une idée de l'état de la circulation artérielle.

Il examinera les jambes pour y déceler des plaies et pour voir s'il y a des zones plus froides, deux signes qui dénotent un problème circulatoire. Il pourra aussi recourir à un examen par échographie Doppler afin de déceler un rétrécissement des artères et d'en évaluer l'importance.

Si le médecin juge qu'une chirurgie par pontage ou une dilatation des artères est nécessaire, il enverra le patient passer une artériographie, examen au cours duquel un colorant est injecté dans les artères afin de bien visualiser par radiographie l'emplacement des rétrécissements et leur étendue. Dans certains cas, l'artériographie peut se faire à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) ou de la tomographie axiale.

Quel est le traitement ?

La marche demeure le meilleur traitement. Mais il faudra ensuite éliminer ou traiter les facteurs de risque. Le médecin demandera au patient d'arrêter de fumer, car la personne qui continue est certaine de voir son état s'aggraver (80 % des personnes qui souffrent de claudication intermittente sont des fumeurs). Les diabétiques (16 % des cas) devront s'assurer de bien contrôler leur glycémie. Une hypertension (23 % sont hypertendus) sera traitée, tout comme un excès de cholestérol ou un surplus de poids.

Enfin, le médecin prescrira une faible dose d'aspirine pour augmenter la fluidité du sang.

Si la maladie est plus avancée - la douleur apparaît même au repos, il y a des signes de gangrène, la personne risque de perdre son emploi et sa qualité de vie est grandement diminuée -, il faudra penser à des traitements plus invasifs.
Un pontage sera conseillé ou une dilatation des artères au moyen d'un ballonnet gonflable inséré dans une artère, comme cela se fait pour les artères du coeur.

Dans près de 80 % des cas, il y aura stabilisation ou amélioration de la maladie cinq ans après le diagnostic si la personne a cessé de fumer et que les autres facteurs de risque sont bien traités.

Dr Luc Bruneau, Chirurgien vasculaire, Centre hospitalier de l'Université de Montréal Hôtel-Dieu Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005